Il y a des chansons qui ne cherchent pas à “briller” mais à rassembler. Famille est de celles-là : un morceau long, construit, fédérateur… et pourtant jamais démonstratif. Il apparaît en 1985 sur l’album Non homologué (sorti le 13 septembre 1985), où il occupe une place très forte dans l’équilibre du disque.
Pour un guitariste, Famille est un cas d’école : une chanson qui repose beaucoup sur la tenue rythmique, la gestion de la dynamique (couplets “contenus” / refrains “ouverts”), et un sens très “Goldman” de la progression émotionnelle. Avant d’entrer dans les conseils guitare, posons le cadre : d’où vient cette chanson, et pourquoi elle touche autant ?
Pour une analyse plus « développement personnel », c’est ici.
L’histoire de « Famille » : une chanson sur la “famille choisie”
Un titre marquant… sans être un single
Famille sort en 1985 sur Non homologué. Le titre est long (environ 5 min 33) et ne sort pas en single, mais il devient malgré tout un classique du répertoire, au point d’être présent sur des compilations comme Singulier (1996).
Le blog Parler d’sa vie rappelle aussi à quel point le morceau s’est inscrit dans la scène : il est joué lors des tournées 1986 et 1989, et figure sur des albums live comme En public et Traces.
C’est un détail important côté musique : si une chanson vit autant sur scène, c’est qu’elle possède une structure solide, un groove stable et une capacité à “atteindre » les personnes qui l’écoutent.
Une dédicace liée à Danielle Messia
L’arrière-plan le plus souvent cité est l’hommage à Danielle Messia, emportée par une leucémie en 1985 à l’âge de 28 ans.
Goldman avait notamment composé pour elle « Le temps des enfants » (1983).
Ce que raconte Parler d’sa vie est musicalement parlant : Goldman évoque une proximité “immédiate” avec Messia — peu de rencontres, mais une impression d’appartenir à la même “famille” intérieure, une famille de pensée.
Et ça s’entend : la chanson n’est pas une plainte. Elle avance. Elle tient debout. Elle relie.
On peut penser qu’en la chantant sur scène avec ses complices Carole Frédéricks et Mickael Jones, il pense à eux, ainsi que ces musiciens et techniciens avec qui il a été fidèle tout au long de sa carrière.
Et crever le silence
Quand c’est à toi que je pense
(Note : je ne recopie pas les paroles ici pour une question de droits d’auteurs mais vous pouvez les lire sur le site parler d’sa vie.)
Ce que le morceau raconte… par la musique
1) Les clés musicales pour guitare : Une construction “narration → ouverture”
Un morceau de plus de 5 minutes implique une vraie architecture : on n’est pas sur un couplet/refrain expédié. L’énergie se gère en paliers :
- Couplets : tension contenue, récit, placement régulier
- Refrains : ouverture, projection, “hymne”
- Transitions : relances, respiration, montée finale
Le blog souligne le côté fédérateur et la capacité du titre à parler d’appartenance et d’identité.
Et quand un texte parle d’unité, l’arrangement a tout intérêt à rester clair : batterie posée, harmonies lisibles, guitare au service du collectif.
2) L’arrangement : pop-rock 80s, pensé pour la scène
Sur scène, Parler d’sa vie note l’ajout d’un saxophone venant rejoindre le synthé et la batterie qui porte le morceau.
Ça dit quelque chose d’essentiel : même si tu joues seul à la guitare, tu peux imiter cette richesse en travaillant :
- la régularité (ta guitare = la batterie),
- la respiration (ta main droite = les “montées”),
- et quelques couleurs d’accords (ta guitare = l’harmonie + le synthé).
(Ne cherchez pas tout ça dans la vidéo, j’ai fait un enregistrement un peu « vite fait »).
La guitare dans « Famille » : rôle, dynamique, placement
Le rôle principal : être le moteur
Dans l’original, il ne me semble pas qu’il y a de guitare. j’ai beau l’écouter et la ré-écouter… je n’en entends pas. (mais je peux me tromper 😉 )
Par contre en concert (2002), il y a un peu de guitare solo, puis de la guitare saturée qui donne une certaine énergie sur le passage.
Ceci dit, quand on veut chanter cette chanson avec une guitare, celle-ci n’a pas besoin d’être compliquée. Elle doit être :
- Stable (tempo régulier, attaques propres)
- Lisible (accords qui sonnent pleins)
- Évolutive (même grille, mais intensité différente entre parties)
Si tu joues “trop” dès le début, tu tues l’effet refrain. L’enjeu, c’est la graduation.
Deux niveaux d’accompagnement (pratiques)
Je te propose deux approches “guitare utile” (sans prétendre figer une grille unique : l’objectif est de te donner une version musicale et jouable).
Version A — Débutant (accords ouverts + strumming simple)
- Accords typiques pop (famille d’accords très courante chez Goldman sur ce disque) : G / D / C / Em / Am (+ Bm si tu peux)
- Astuce : si Bm (barré) te freine, commence par B7 (plus facile) :

- ou simplifie temporairement
Rythmique conseillée : un strumming en 4/4 simple, avec accent léger sur 2 et 4 (comme une caisse claire).
Objectif : chanter/jouer sans forcer, tenir 5 minutes avec une main droite propre.
Version B — Intermédiaire (mêmes bases + couleurs)
Tu gardes les mêmes accords mais tu ajoutes de la vie :
- Dsus4 → D (petite tension/relâchement très efficace)
- Cadd9 ou Gadd9 (couleurs “larges”)
- quelques basses de passage très simples (quand tu changes d’accord, tu glisses une note de transition)
L’idée n’est pas la virtuosité : c’est de faire “respirer” la chanson sans salir le tempo.
Pourquoi ce morceau est un excellent “exercice musical” ?
Parce que c’est une chanson qui t’oblige à apprendre ce qui fait un bon accompagnateur :
- tenir le groove sans se crisper,
- laisser la place au chant (même si tu ne chantes pas),
- construire une intensité sur la durée,
- et jouer simple… mais solide.
Et c’est probablement pour ça qu’elle reste aussi forte en live et dans le temps.
Sources :
Tu peux trouver d’autres analyses comme « il suffira d’un signe« .
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